Happy Valley – Goose Bay et North West River


Salut ! C’est François !

Réveillés tard dans notre chic chambre au Emma’s Suites, on a décidé d’aller bruncher en ville en ce samedi matin. En fait, on était censés avoir un déjeuner inclus, mais c’était finalement seulement du café, du thé et du jus… Rien de trop costaud !

On a redonné le téléphone satellite qu’on avait pris à l’Anse-au-Clair à l’hôtel North 2, lequel est le second établissement d’une chaîne propre à Happy Valley – Goose Bay. Aujourd’hui Happy Goose, demain le monde ! Par un curieux hasard, le resto où on se rendait – le Jungle Jim’s – était aussi le resto de l’hôtel North 2. On a beau dire, c’est pas une bien grosse ville !

Jungle Jim’s. Un nom qui ne vous dit sans doute rien, à moins d’être Terre-Neuvien. L’an dernier, on avait vu plusieurs publicités pour cette bannière mais on n’y avait jamais été. Or, j’avais vu sur Tripadvisor qu’on y servait des déjeuners, et je m’étais laissé tenter (d’autant plus que Jungle Jim’s figurait au sommet du palmarès des meilleurs restaurants de Happy Valley – Goose Bay selon Trip Advisor… eh oui). Eh boy. Premièrement, imaginez-vous un restaurant avec une décoration tiki un peu cheap (huttes de paille, masques tribaux sur les murs, lumières multicolores, publicités aux couleurs criardes placardées partout). Déjà, ça clashe avec le climat subarctique ambiant ! Cette atmosphère un peu surréaliste était bizarrement complétée par un bar et des télés qui diffusaient du sport. C’est comme si on avait voulu plaire à tous, en oscillant entre resto familial et bar sportif, avec pour résultat de rater l’objectif dans les deux cas. Évidemment, on était pratiquement seuls, ce qui ajoutait au côté merveilleusement ackward de l’endroit. Quant à la nourriture… Quasiment tous les plats figurant sur le menu étaient de la malbouffe grasse. Pour les déjeuners, outre le classique œufs-patates-saucisses/bacon (qui me convient très bien, cela dit), il n’y avait rien pour titiller des palais un poil plus subtils (genre des gaufres, des crêpes ou des trucs avec des fruits). Même pas une option ! Marie-Pascale s’est donc rabattue sur des quesadillas végétariens dans le menu normal (une oasis de « vert » dans un océan de brun frit)… qui contenaient 3 longs cheveux. Miam ! Bref, une expérience vraiment pas concluante, qu’on ne répétera pas. Heureusement, le serveur philippin était bien gentil par contre.

On est revenus au motel se faire un café pour la route (bien sûr, les déjeuners au Jungle Jim’s n’incluaient pas le café/thé, qui aurait sans doute été de l’eau de vaisselle de toute façon). Puis, on a pris la 520 vers l’extrémité nord de la route, où se trouve la bourgade de North West River. On l’a atteinte près de 30 minutes plus tard, après une belle balade le long du lac Melville. Situé au confluent de la rivière North West et du lac Melville, sur une longue pointe, ce village tranquille nous a tout de suite plu. Pas mal plus en tout cas que Happy Valley – Goose Bay, qui, soyons francs, n’est pas l’endroit le plus bucolique de l’univers. On a débuté notre exploration des lieux par une visite au centre d’interprétation du Labrador, un musée provincial associé à The Rooms, l’établissement public d’art le plus prestigieux de St. John’s.  Un vieux guide bien gentil nous y attendait et nous a présenté les deux petites salles d’exposition, qui retraçaient l’histoire des peuples autochtones et métis des environs. C’était assez intéressant : on connaît assez peu  l’histoire du Labrador et les coutumes des Innus et des Inuit. « There’s not much upstairs, but the view is nice », nous a dit notre vieux guide. En effet, le 2e étage ne recélait qu’une poignée de photographies, mais le panorama sur la rivière valait le coup d’œil !

On a pris congé après un moment pour aller se promener le long du Sunday Hill Lookout. Le magnifique sentier serpentait à flanc de colline à travers la forêt d’épinettes et les buissons de thé du Labrador. Les trouées nous offraient de superbes points de vue sur la rivière North West et les montagnes sauvages au-delà. Le tout culminait au sommet d’une colline, où on avait une à la fois sur le grand lac Melville et sur la rivière. À faire si vous êtes dans le coin !

De retour au stationnement, on est allés faire l’autre musée de North West River, le centre d’histoire du Labrador. Deux musées pour 300 habitants : décidément, ce village est un pôle culturel dans la région ! Sans blague, la visite a été particulièrement intéressante. On se trouvait en fait dans un ancien magasin de la Baie d’Hudson, restauré dans le style de l’époque avec les marchandises du temps derrière le comptoir. Vous aurez deviné qu’historiquement, North West River était avant tout un poste de traite, actif jusqu’aux années 1960. Je n’avais encore jamais vu un authentique poste de ce genre : ça faisait vraiment spécial de penser que les trappeurs entraient ici avec les bras chargés de peaux pour les échanger contre quelques marchandises et fournitures essentielles à leur rude vie de nomade. Pour les citadins que nous sommes, La Baie est davantage une bannière de centre d’achat plutôt banale qu’un magasin perdu dans le bois, à des années-lumières de la civilisation ! Le musée donnait une idée de la vie de tous les jours des chasseurs et de leurs femmes, qui passaient des mois à s’occuper de tout alors que leur mari était quelque part dans la forêt à traquer le gibier. À ce sujet, les modèles réduits animés de scènes de la vie de tous les jours de l’époque étaient particulièrement bien faits ! Un artiste du coin a en effet pris sur lui de mettre de petits moteurs électriques activés par des boutons pour illustrer une bonne trentaine de scènes, faisant par exemple abattre un arbre à un bûcheron ou faire touiller à un personnage de l’alcool frelaté. Il faut reconnaître les milliers d’heure qu’il a dû mettre à créer tout ça !

On a terminé notre visite de North West River par une bucolique balade sur la plage de sable blanc du lac. Celui-ci était déchaîné car le temps devenait mauvais, et de grosses vagues s’abattaient sur le rivage. On a quitté juste au moment où la pluie s’est mise à tomber : c’était fini pour la journée ! Peu avant de revenir à Happy Goose, on a croisé un renard tout noir (et tout trempé) sur le bord de la route !

Dans un sens, ça tombait bien qu’il pleuve parce qu’on avait quelques préparatifs à faire en vue de notre séjour en mer imminent. En effet, on partait demain pour 5 jours de croisière en traversier vers les communautés du nord du Labrador ! Et Dieu sait que les informations disponibles sur Internet étaient imprécises, ce qui avait nécessité plusieurs appels à Nunatsiavut Marine, la compagnie qui gérait le traversier. D’abord, l’horaire était incertain, car c’était un nouveau bateau qui faisait le trajet. Pour une raison X, ça faisait en sorte de retarder tous les arrêts depuis un mois, ce qui avait laissé en suspens l’heure à laquelle on allait partir le lendemain.  En tout cas, on était maintenant à peu près sûrs que le bateau partait à 7 :00 AM. « Mais venez avant entre 4 :30 AM et 6 :00 AM demain pour obtenir vos billets ! » Parce qu’évidemment, on avait acheté nos billets sur Internet, mais il fallait quand même qu’une madame nous les redonne (?!) à un guichet le matin du départ, à une heure barbare. Et est-ce qu’on doit être là vraiment tôt ou 5 :45 c’est bon ? Réponse évasive. Bon… Ensuite, il y avait l’enjeu des plats à bord. Le menu disponible ne comportait que de la malbouffe, plus un hypothétique « plat du jour ». Pour ne pas manger de la scrap matin, midi et soir, on est donc allés faire des achats de fruits et de légumes au supermarché ! Enfin, pouvait-on payer les repas sur le bateau par crédit, ou seulement comptant ? Parce qu’il faudrait le cas échéant prévoir 5 jours de cash, ce qui n’est pas rien. « Euh, je suis pas sûre, rappelez plus tard, je vais vérifier » nous a dit la madame incertaine de Nunatsiavut Marine. On l’a donc rappelée en fin de journée : « I think it’s better to bring cash… » Ben là… C’est impossible qu’on soit les premiers clients à te poser la question ! En tout cas, on a fini par sortir de l’argent (et on a bien fait au final, parce que la machine à carte de crédit était cassée !). Sachez-le si vous comptez faire ce trajet : côté organisation, c’est un peu broche à foin… 

Par ailleurs, Marie-Pascale a aussi profité de sa sortie dans la grand’ville pour magasiner au phénoménal Home Hardware de Happy Valley – Goose Bay. Vous serez enchantés d’apprendre qu’elle est désormais l’heureuse propriétaire d’une magnifique pole à rideau magnétique.

Pour souper, c’est au Mariner’s Galley, le diner par excellence en ville, qu’on a fait travailler nos papilles. Malheureusement, le seafood buffet tant vanté par le guide touristique du Labrador n’était pas disponible aujourd’hui. Au lieu de quoi, on s’est rabattus sur des classiques terre-neuviens : turkey dinner, cod au gratin et chaudrée de fruits de mer. Pas mal !

Il pleuvait toujours à verse quand on est sortis, mais je voulais quand même aller faire un tour du côté de la base militaire. Objectif : aller voir les vieux avions de guerre près de l’aéroport ! Je n’avais encore jamais vu de chasseurs à réaction : c’est plus gros que je pensais ! À noter qu’il y en a aussi un dans la ville, près de l’une des deux intersections assez « majeures » pour nécessiter un feu de circulation !

Après ces folles péripéties, on est revenus préparer les bagages pour le lendemain. J’en ai profité pour jaser dans la cuisine à un jeune plombier de Terre-Neuve, venu spécialement de St. John’s réparer des tuyaux sur la base militaire de Goose Bay. Un plombier sans frontières !

Nos aventures au Nunatsiavut dans la prochaine entrée ! À bientôt !

Commentaires

  1. Vraiment Marie-Pascale, je ne te savais pas si consommatrice: aller aussi loin que Happy Valley - Goose Bay pour faire tes emplettes! Ha ha!

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